Yannick Noah face à la maladie

A l’instar de plusieurs autres
sportifs, Yannick Noah s’est livré dans le documentaire événement
sur la maladie mentale que s’apprête à diffuser M6.
Nicolas Demorand a ouvert la voie. La semaine dernière, le
journaliste vedette de France Inter s’est livré à une étonnante
confession dans sa chronique quotidienne. «  Je
suis un malade mental », a-t-il ainsi asséné Ã
l’occasion de la sortie de son livre Intérieur nuit,
ajoutant : «  Comme des centaines de
milliers de Français, je suis bipolaire. Bipolaire de type
2. J’alterne des phases d’euphorie et des
périodes de dépression, mais je suis
soigné.»Â
« Oui, je suis un malade mental :
c’est cru, c’est violent à dire et
sûrement à entendre, mais je ne veux plus le
cacher ni ME cacher », a-t-il poursuivi,
avec l’objectif de donner des idées à d’autres. « Si un
‘#MeToo de la maladie mentale’ émergeait, tous ceux qui souffrent
aujourd’hui en silence et dans la honte verraient leur vie
sacrément améliorée, car crever en silence n’est pas un
destin », a-t-il ainsi expliqué dans les colonnes du
Point.
Et c’est également le message qu’on souhaitent passer dix
personnalités dans un documentaire que s’apprête à diffuser M6.
« Santé mentale, briser le tabou », qualifié d’utilité
publique par la sixième chaîne, recueillera ainsi les confessions
de l’acteur François Berléand, du magicien Eric Antoine ou de la
comédienne Michèle Bernier.
« Il y a un manque d’information, beaucoup
d’ignorance »
Trois sportifs ont accepté de parler: les nageurs Florent
Manaudou et Camille Lacourt ainsi que Yannick Noah. « On
n’a jamais parlé de ça parce qu’on ne savait pas »,
confie ainsi l’ancien joueur de tennis. Ce n’est pas la première
fois que le dernier vainqueur français de Roland-Garros s’exprime
sur le sujet.
Ce fut déjà le cas en 2019 lorsqu’il avait accepté d’être le
parrain du Psychodon, un concert caritatif organisé à l’Olympia.
« On perçoit les termes bipolaire ou schizophrène comme
durs et humiliants, en les entendant, on se raidit, alors qu’ils
veulent juste dire ce qu’ils veulent dire, avait-il alors
confié. Il y a un manque d’information, beaucoup
d’ignorance. »
« Les familles sont en souffrance. Elles gèrent et
c’est un combat de tous les jours. Mais entre le moment où elles
comprennent qu’il y a un problème, les silences, parfois le déni et
le traitement, c’est trop long, on pourrait faire mieux, avait-il
poursuivi. Il faut se battre contre le mur du silence, créer des
lieux où chacun puisse trouver de l’information. » Le
documentaire est un moyen de rompre ce silence.
On considère qu’en France, 13 millions de personnes sont
concernées par des troubles psychiques, ce qui représente 1
Français sur 5. Des chiffres en hausse de 25 % depuis l’épidémie de
Covid-19. Et ces maladies invisibles et silencieuses sont encore
considérées comme un sujet tabou par au moins 70 % des
Français.
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